4 ans après la mort de David Combes, directeur d’école à Trébas (81), à la suite d’un surdosage important de Malocide, un médicament contre la toxoplasmose, un ophtalmologiste et un pharmacien du Tarn (81) ont été condamnés par le tribunal correctionnel d’Albi. Ils ont écopé de 12 mois de prison avec sursis et devront également verser solidairement 727 000 euros de dommages et intérêts.

Pour l’avocate de la famille de la victime, Me Jehanne Collard, une peine de prison avec sursis, « c’est la reconnaissance du droit à l’erreur médicale ». Et de poursuivre : « il fallait symboliquement les condamner à un mois de prison ferme, prison qu’il n’aurait pas faite. On ne peut pas concourir conjointement à responsabilité quasi-égale à la mort d’un homme et ne prendre que de la prison avec sursis. Il n’y a pas d’indulgence à avoir pour ce type d’erreur ».

Une dose 8 fois supérieure à la dose normale

Lors de l’audience, le 16 octobre dernier, l’ophtalmologiste a reconnu les faits. Tout est parti d’une erreur de prescription pour soigner David Combes, qui souffrait d’une inflammation au niveau de l’œil. L’ophtalmologiste lui a prescrit une dose de Malocide, 8 fois supérieure à la norme. Malgré ses doutes, le pharmacien a délivré le traitement sans vérifier le dosage auprès du praticien.

Ressentant de graves effets secondaires, le directeur d’école est retourné chez l’ophtalmologiste qui n’a pas vérifié la première ordonnance et lui a suggéré de continuer à prendre le traitement.

Au-delà du jugement rendu par le tribunal correctionnel d’Albi, se pose la question de la responsabilité des ophtalmologistes aux carnets de rendez-vous souvent plein à craquer. Obtenir un rendez-vous chez un praticien est de plus en plus difficile : 80 jours (près de 3 mois), selon la dernière étude de la Drees.

Face à la pénurie, l’opticien a un rôle essentiel à jouer. Le contexte actuel se prête à un débat sur l’élargissement des prérogatives des opticiens dans la continuité du décret d’octobre 2016. Dans le cadre de la réforme 100% Santé, la prestation d’examen de vue est valorisée à 10 euros.

Dans le même temps, le dernier rapport de la Cour des comptes en octobre dernier a pointé la forte croissance des dépenses liées à l’activité libérale des ophtalmologistes : + 21,6 % entre 2010 et 2016 qui s’expliquent par une augmentation des actes (plus de patients et plus d’actes par séance ou par patient) et une hausse des dépassements d’honoraires (représentent 25,6 % des dépenses en 2016).